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La passerelle Pierre Simon Girard à Bobigny

C’est le mât qui tient la passerelle et vice versa

161, rue de Paris

Maître d’œuvre : Devillers et Associés Architecte, Nicolas Saettel, chef de projet
Maître d’ouvrage : Séquano Aménagement
Programme : Passerelle de franchissement du canal de l’Ourcq et place publique entre le canal et l’ex-Rn3
Dimensions : Longueur du tablier 120 m. Largeur 3,6 m. Hauteur du mât 17 m
Coût : Passerelle 1,6 M d’ € HT. Place 2,3 6 M d’ € HT
Livraison : Juillet 2014
© Nicolas Saettel


La passerelle Pierre Simon Girard est la première réalisation emblématique de la ZAC Ecocité, qui s’étend sur une bande étroite (de 70 à 100 mètres de large) de 2,8 kilomètres, comprise entre le canal de l’Ourcq au nord et l’ex-Rn3 au sud.


Située au cœur d’un futur quartier, la nouvelle place qui l’accueille sera à terme bordée de commerces, d’une école et d’immeubles de logement.


Plus qu’un simple franchissement du canal (dont les deux ponts les plus proches, ceux de la Folie et de Bondy, sont situés à plus d’1kilomètre de part et d’autres), la nouvelle passerelle établit un lien territorial entre des entités jusqu’alors disjointes et en devenir : l’ex-RN3, les berges du canal, le parc départemental de la Bergère et au-delà le centre-ville de Bobigny qui devient accessible depuis la rive Sud en 10 minutes de marche.


En s’étirant de l’ex-Rn3 jusqu’au cœur du parc, soit un linéaire total (culées incluses) de 150 mètres, la passerelle et ces rampes de part et d’autres permettent de respecter les normes d’accessibilité PMR (personnes à mobilité réduite) avec des pentes inférieures à 4%, permettant ainsi de faire l’économie des ascenseurs.


Le tablier est un caisson métallique, solution qui permet d’avoir l’épaisseur la plus fine (70 centimètres), et donc de limiter la longueur des rampes en respectant le gabarit fluvial au plus proche. La continuité du caisson unifie la composition structurelle en deux séquences : rampe et franchissement.


La rampe est soutenue par quatre appuis en V inversé. Elle est positionnée de biais par rapport à la place qu’elle surplombe pour maximiser son linéaire (en se rapprochant de la diagonale) et pour indiquer la direction du centre-ville dont les tours sont en « ligne de mire » de celle-ci.


La place et la passerelle sont indissociables : la place est elle aussi en pente ce qui participe à l’accessibilité PMR de la passerelle mais surtout oriente tout son aménagement vers le canal (comme scène) et le parc (comme arrière scène, avec l’escalier dans l’axe). Cela permet également de se positionner en surplomb du trafic de l’ex-RN3.


La seconde séquence structurelle est le franchissement du canal, dont la portée est de 35 mètres. La passerelle y amorce un virage afin de rejoindre une petite butte existante du parc, qui semblait n’attendre que ça. Sa forme courbe permet aussi de la porter par un seul mât, ce qui ne serait pas possible si elle était droite. Celui-ci, articulé à sa base, ne touche pas la passerelle et trouve son équilibre naturellement en fonction de la tension exercée par les haubans : c’est le mât qui tient la passerelle mais c’est aussi la passerelle qui tient le mât.


Au-delà un chemin d’accès existant est réaménagé jusqu’aux berges, celui-ci rendant par la même occasion accessible PMR le cœur surélevé du parc, positionné sur d’anciens remblais formant un plateau, le point géographique culminant de Bobigny, point de respiration apprécié au-dessus du sol de la ville qui ouvre des vues lointaines sur le paysage du canal, d’où émerge désormais le mât de 17 mètres qui signale la présence de la passerelle.

Voir en ligne : Retrouvez nos références sur Bobigny

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publié le 1er/05/2015

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