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Le Papillon à Bobigny

Un édifice chromatique

10 rue Gisèle Halimi

Maître d’oeuvre : Brenac & Gonzalez
Maître d’ouvrage : Sodearif
Programme : Bureaux et parking
Certification, label : RT 2012 - 30%
Surface : 14 620 m²
Coût : 30 M d’ € HT
Livraison : Janvier 2015
Photo : © Sergio Grazia


Inauguré en avril 2015, l’immeuble de bureaux « le Papillon » est la dernière opération de la ZAC Jean Rostand à Bobigny initiée en 2000.


Situé à l’intersection de grandes infrastructures comme l’autoroute A86 et le tramway T1, à proximité d’édifices tertiaires récents, d’immeubles de logements collectifs et dans le voisinage d’un quartier de logements pavillonnaires, son contexte urbain est particulièrement composite. « Le Papillon » est donc la dernière pièce d’un puzzle urbain et programmatique, il doit donc, à la fois s’imposer pour être identifié et s’intégrer dans ce « déjà là » bâti.


Pour répondre à cette équation, nous avons imaginé un bâtiment tertiaire qui s’intègre par les variations de ses échelles, la richesse de ses volumes, qui propose une identité architecturale forte mais également un véritable engagement environnemental, attentif au confort des usagers.


Pour atteindre ces ambitions, il était nécessaire de mobiliser une équipe et de requestionner le projet à chaque étape du projet. L’utilisation de la maquette numérique et l’emploi du BIM interne a été nécessaire pour vérifier toutes les hypothèses envisagées, tant urbaines, réglementaires, volumétriques, architecturales ou environnementales.


-un édifice à sa place :


Le bâtiment s’identifie d’abord par sa silhouette et par la présence de deux volumes désaxés, dont chacun est composée intérieurement d’une épaisseur de bureaux en périphérie, en « premier jour » et un noyau central de circulation et de services. Le premier corps est tourné vers tourné vers le centre ville de Bobigny et l’arrêt du tramway, sa hauteur (R+7) traitée avec un couronnement en partie supérieure lui offre visibilité et monumentalité. Le second s’adresse à l’avenue Paul Vaillant couturier, il participe à la constitution de sa frontalité.


Les deux ailes sont ensuite reliées par une partie centrale plus étroite, un complément programmatique, elle constitue également un axe de partition volumétrique et architectural.


Jouant sur la géométrie de la parcelle, le déhanchement des deux volumes principaux offre un dégagement en RDC, un seuil urbain, un parvis d’accès face à l’espace public.


 


A l’arrière, quelques opérations de logements bordent la rue Maria Callas, le volume de notre édifice s’adapte à cette nouvelle configuration ; de grands retraits, des terrasses plantées, apparaissent, le « Papillon » change d’échelle et devient plus domestique.


 


-un édifice tertiaire 3.0


L’espace tertiaire connaît depuis quelques années, une véritable mutation impulsée par l’arrivée des nouvelles technologies, mais aussi de la culture de travail portée par les nouvelles générations, l’évolution des usages touche aujourd’hui l’espace de travail lui-même.


Même si les formes traditionnelles persistent y compris dans le cloisonnement des bureaux, le Wi Fi et le portable ont introduit une dimension nomade. De nouveaux lieux apparaissent, lieux de convivialité et de partage, l’espace extérieur devient, un jour de soleil aussi important, grâce au portable pour une réunion que le bureau lui-même. Nous avons tenté de saisir cette évolution en intégrant des lieux de convivialité accessibles à différents niveaux et nous avons également imaginé un véritable « square » intérieur, un jardin d’hiver sur les deux derniers niveaux qui permet d’adapter ces nouveaux usages à toutes les saisons. Cette « serre » glisse, en double peau sur toute la faille centrale pour redescendre jusqu’au parvis, plaçant la nature au cœur de la pensée du projet.


 


-une architecture identifiée


L’identité première de l’édifice est d’abord sa silhouette ; avec sa figure de proue, ses deux ailes déployées et son jardin d’hiver, ses volumes sont parfaitement reconnaissables dès le centre de Bobigny ou depuis le boulevard Paul Vaillant Couturier.


Ce travail sur la silhouette est complété par une recherche sur la matière, texture et la couleur. L’ensemble du bâtiment est ainsi habillé par une enveloppe unitaire en panneaux métalliques satinés, qui le recouvre totalement ; matériau très sensible aux variations de la lumière. L’aspect de l’édifice se transforme, ses formes apparaissant ou disparaissent selon le passage d’un nuage, d’une averse, ou l’arrivée d’un rayon de soleil.


Cette approche à partir des matériaux est complétée par la composition architecturale elle-même. La carapace étincelante est alors percée par de grands cadres colorés et en débord qui regroupe plusieurs menuiseries extérieures. Jouant sur les hauteurs irrégulières des appuis ou des linteaux de baies, ou sur leurs dimensions, un joyeux désordre apparaît renforcé par les saillies variables des cadres de couleur. Nous avons nommé cette composition, la façade « post-it » car elle rappelle par son aspect aléatoire, les fameux petits papiers que l’on colle en guise de « pense-bête ». Gris, jaune, vert, métal, le « Papillon » est édifice chromatique, à l’intérieur, elle définie, conditionne, signale les espaces, à l’extérieur, elle contribue à l’identité de l’architecture, elle complète le processus esthétique.


 


-un édifice responsable :


Le « Papillon » représente le modèle de l’édifice tertiaire contemporain vertueux et attentif tant au contexte, à l’environnement et au confort des usagers. Ces préoccupations ont été au cœur de la réflexion et intégrés au projet dès le début de la conception afin de faire émerger de ces contraintes toute la qualité du bâtiment.


Son plan « en papillon » est compact et permet de développer un maximum de linéaire de façade. Ainsi la quasi-totalité des espaces ont un accès direct à la lumière du jour ce qui permet de réduire les besoins en éclairage artificiel. Seuls la distribution et les services occupent le noyau central. Cette configuration favorise par ailleurs, une grande flexibilité ; le bâtiment de 14 620m² répartis sur sept étages et un rez-de-chaussée peut-être divisé en 16 lots soit reliés ou divisés offrant de multiples configurations et de s’adapter à long terme à différent types d’occupations.


En complément des options plus traditionnelles en termes d’économie d’énergie, la compacité, l’isolation, l’enveloppe, le travail sur le FLJ, l’inertie, etc… l’adoption de sondes géothermiques de 100 mètres de profondeur situées sous le bâtiment a été déterminant pour le projet. En effet ce choix a permis de couvrir 80 % des besoins de chauffages et 99% des besoins en froid.


Le « Papillon » est ainsi l’un des premiers immeubles tertiaires RT2012-30%, certifié HQE selon la norme NF « bâtiment tertiaires – démarche HQE » délivré par l’organisme Certivea avec la cible 4 « gestion de l’énergie » en Très performant.

Voir en ligne : Retrouvez nos références sur Bobigny

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publié le 1er/12/2015

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