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La réhabilitation du square Molière à Stains

D’une dalle minérale à un jardin suspendu

24810 avenue Georges Sand 2579 voie Jean Ferrat

Maître d’ouvrage : Seine-Saint-Denis Habitat
Maître d’oeuvre : Atelier F. Daune et Phusis Paysagiste
Programme : Réhabilitation de 280 logts, création de 12 logts PMR, de 5 cabinets médicaux en pied de tour, résidentialisation de 5 300 m²
Surface : 18 900 m² (SHON)
Coût : 13 millions d’euros HT
Livraison : 2017
Photo : © SARL F. Daune Architecture Urbanisme


Le nouveau réseau viaire du projet urbain du Clos Saint-Lazare à Stains découpe le grand ensemble en îlots et l’ouvre à l’agglomération.


Le bâti, décrié, est constitué de tours (15 niveaux) et de barres (5 niveaux) aux modes d’organisation et d’implantation répétitifs. Pour le square Molière il surplombait les galeries désaffectées d’un centre commercial introverti.


Dans le cadre d’un budget modeste (25 000€HT/Logt), le projet affronte des objectifs ambitieux :


- actualiser les performances énergétiques, environnementales et acoustiques de l’existant (inscrit dans le cône de bruit de l’aéroport du Bourget),


- démolir le centre commercial avec réutilisation partielle de RDC, ré-usage de l’espace central sur les deux étages de stationnement souterrain exploités en concession.


- transformer l’usage et l’image, exprimer une topographie effacée,


- revaloriser les espaces ouverts du grand ensemble en graduant les affectations,


- associer la population résidente, condition préalable d’un développement durable local et d’une dynamique sociale.


Le programme de l’opération est élaboré conjointement avec la maitrise d’ouvrage : les contraintes budgétaires, les mécanismes de financement, les normes environnementales et de sécurité laissent peu de place aux initiatives concernant les travaux en logement et parties communes. Toutefois les emprises importantes en RDC d’anciennes cellules commerciales, permettent d’implanter les cabinets médicaux des professionnels de santé établis sur le quartier et douze logements PMR.


Le programme de résidentialisation, à l’origine conçu comme des parcelles encloses agrégées à chaque immeuble va être élaboré en atelier avec les habitants, tant en termes de fonctions, que d’usages. Ce travail hebdomadaire patient sur quelques mois utilisant maquettes, débats, enregistrement et simulation vidéo, défend une approche plus ouverte de square résidentiel enclos, délimité par des bandes privatives à proximité des immeubles et maille des lieux d’échanges, de jeux, de salons résidentiels. Un complexe artificiel mêlant faibles portances, aires de plantations, revêtements de sol, fontaine et plaine de jeux se substitue à la minéralité de la dalle du parc de stationnement souterrain et construit un sol plus haut. Les dénivelés entre le niveau des espaces publics et ce sol reconstitué créent des seuils de transition : antichambres entre l’espace public et résidentiel support d’évènements collectifs. La gestion des eaux des sols imperméabilisés est entièrement déterminée par les besoins hydriques de la végétation, et constitue le fond de la nouvelle topographie.


Dans les bandes privatives autour des immeubles, l’excavation de failles sur un niveau, la création de patio pour les logements PMR dissocient les programmes, constituent un autre rapport au sol des immeubles existant, créent des vues transverses sur le cœur d’îlot.


Cette ambition est accentuée par le réaménagement des RDC : pour chaque tours la création de halls de double hauteur largement ouvert sur rue correspondant aux 120 logements desservis, pour la barre par le dessin de halls dans une séquence d’accès depuis les porches alignés sur rue et les jardins privatifs des logements PMR.


En façade, l’emballage thermique et la pose de menuiseries au nu extérieur créent des embrasures en logement, les volets roulants aux coffres dissimulés remplacent les anciennes persiennes PVC. Aux derniers niveaux, des boites en saillie, de profondeur diverses ponctuent le couronnement de l’immeuble : répondant à celles des RDC, elles atténuent la monotonie et l’échelle des immeubles.


Sur la longue barre, en actualité au centenaire du don de C. Monet à l’Etat en des temps troublés, des incrustations ponctuelles d’images de nymphéas redoublent la végétalisation du cœur d’îlot.

Voir en ligne : Voir toutes les réalisations publiées à Stains

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publié le 1er/10/2018

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