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Restructuration et extension du lycée Simone Weil à Pantin

Une remise en état du patrimoine existant et une réorganisation fonctionnelle des locaux

6, rue Delizy

Maître d’œuvre : Pascal Sirvin, architecte
Maître d’ouvrage : Région Île-de-France. Icade Promotion, mandataire.
Programme : Restructuration globale et extension du lycée
Surface shon : 7 452 m²
Coût : 14 M d’€ HT
Livraison : Décembre 2010

1. Situation et insertion urbaine
Le lycée Simone Weil occupe une parcelle d’environ 4 450 m², délimitée au sud par l’avenue Jean Lolive, au nord par la rue Victor Hugo, et à l’ouest par le futur parvis rue Delizy. Cette opération s’inscrit en liaison avec l’élargissement de la rue Delizy et l’aménagement de cet espace public. Ce projet est la réponse à un concours lancé par la Région Île de France en 2003.
Le cahier des charges, présenté par un programme et des études de diagnostic sur la structure des bâtiments, précisait les demandes de la Maîtrise d’Ouvrage. Il s’agit d’une réhabilitation avec extension pour le lycée et d’une remise aux normes pour le bâtiment des logements. Le lycée accueillera à terme 654 élèves pour des formations professionnelles, principalement orientées sur les filières tertiaires (vente, comptabilité, secrétariat, service accueil). Tout en augmentant la capacité d’accueil, les travaux de restructuration vont permettre une remise en état du patrimoine existant, une réorganisation fonctionnelle et rationnelle des locaux accompagnée d’une création sensible de leur surface. Le bâtiment est classé ERP (Etablissement recevant du public) et l’opération est réalisée en milieu occupé avec des solutions de phasage pénalisant le moins possible l’établissement pendant la durée des travaux. Les travaux concernent environ 7 500 m² de SHON, pour partie en réhabilitation lourde de surfaces existantes et pour partie en démolition avec reconstruction et création de surfaces nouvelles. Deux bâtiments occupent le terrain ; le lycée constitué des ailes A et B, et le bâtiment C abritant les logements de fonction. Cet ensemble de bâtiments a été construit en 1967. Le lycée garde son empreinte bâtie dans son tissu urbain d’origine. Le projet urbain s’opère par l’ouverture généreuse de la parcelle du lycée à l’ouest, sur le futur aménagement public du parvis. C’est l’opportunité pour le quartier de reconstituer la façade urbaine de l’établissement. Le lycée retrouve une ouverture sur la ville et s’impose comme un élément fort et structurant du paysage urbain. L’accès principal, autrefois rue Jean Lolive, est déplacé sur la rue Delizy. Cette demande était inscrite dans le cahier des charges du concours. Le dénivelé entre les deux rues représentant environ un étage, notre réponse architecturale propose de retrouver une nouvelle cour de plain pied en relation avec le nouvel accès. La cour existante est donc décaissée, elle retrouve son niveau initial (avant la construction du lycée) puisqu’elle est constituée de remblais. Le niveau de référence rez-de-chaussée change par rapport à l’existant. Le gabarit de l’établissement traite différentes échelles, assurant une liaison douce et harmonieuse avec les immeubles d’habitations voisins. On passe d’un R+5 (aile B) à un R+3 (aile A) pour finir en rez-de-chaussée (abritant les garages) jusqu’aux limites séparatives. Le toit terrasse paysager du rez-de-chaussée traite les héberges disparates du cœur d’îlot. Un écran végétal haut et dense atténuera considérablement l’impact visuel de ces derniers et en gommera l’hétérogénéité.

2. Le projet architectural et le fonctionnement
Le bâtiment d’enseignement est constitué de deux corps de bâtiments en forme de « L », (aile A et aile B). Ils s’articulent autour de circulations verticales et de plateaux « détente » entièrement vitrés : cette tour vitrée orientée sur le parvis, agit comme un appel et un signal lumineux, symbole d’une activité pédagogique contemporaine. Cette circulation lumineuse distribue l’aile B, (entièrement réhabilitée R+5+sous-sol partiel) et l’aile A (construction neuve en R+3). Les deux axes directionnels du lycée sont renforcés par la création d’une galerie couverte en cuivre (sur deux niveaux), le long de l’aile B. La galerie couverte est un véritable élément fédérateur, colonne vertébrale du projet, elle distribue les principales entités de la vie scolaire : Entrée, hall, CDI, préau, foyer, espaces dédiés au sport et restaurant. Elle porte une très large ombre à la façade sud sur cour entièrement vitrée. Elle rythme et partage horizontalement la façade entre la vie scolaire au RDC et R+1, et les salles de cours aux étages supérieurs. La cour intérieure est modelée de façon à retrouver le sol de référence initial et de créer des jeux de gradins végétalisés permettant aux élèves de profiter de « salons de verdure » pendant les récréations. Des bambous en partie haute en fond de cour tapissent le mur mitoyen existant.Des sophoras sont plantés à différents paliers des gradins.

3. Les matériaux
Les matériaux mis en œuvre font référence aux bâtiments industriels construits sur le canal de l’Ourcq et aux grands ensembles de logements des années 30, que l’on retrouve dans toute la petite ceinture de Paris. Le choix de la terre cuite s’imposait donc comme un élément ayant déjà son empreinte historique dans Pantin.
La terre cuite présente sur le projet est déclinée sous 3 formes :
- Les façades du R+1 au R+5 sont habillées de bardeaux brique (éléments de base 117 x 25 cm) et structuré par des U métalliques. Les bardeaux se clipsent sur une ossature métallique primaire chevillée à la maçonnerie. Un matelas isolant de laine de roche est glissé entre les murs et la vêture, dans l’épaisseur de l’ossature.
- Les ensembles vitrés sont protégés par des baguettes de terre
cuite ou des panneaux coulissants en métal laqué.
- Le soubassement du lycée et les parkings sont traités en petits modules de brique type « mulot » 5 x 28.
La couverture, l’auvent et le pignon sont en cuivre naturel. L’oxydation évoluera suivant les années et l’exposition aux intempéries.
Les toitures terrasses sont végétalisées.
Les extensions à RDC du bâtiment C sont traitées en blocs de gabion. (Blocs préfabriqués monolithiques en panneaux de treillis soudé galva rempli de pierres concassées)

4. Le chantier
Le chantier a commencé en juin 2007 par la phase 0, phase préparatoire qui consistait à :
- Conforter le sol par des injections, sur la totalité de la parcelle, y compris sous les bâtiments avec un maillage de 5 m par 5 m.
Travaux réalisés par SOLETANCHE.
- Séparer les réseaux de chauffage, eau, électricité, entre l’aile A et B, isoler le bâtiment entre les flux des utilisateurs et le chantier.
- Démolir l’aile A existante.
- Mettre en place et à aménager dans la cour des bâtiments provisoires destinés à recevoir des classes d’enseignement général afin de compenser le déficit de salles engendré par le chantier de l’aile A.
La phase 1 comprenait la reconstruction neuve de l’aile A (R+3), accueillant les locaux de l’administration, des locaux d’enseignement, la vie scolaire et 6 places de stationnement couvertes. Cette reconstruction s’est faite sur les fondations existantes pour des raisons techniques et de sécurité liées à la nature du terrain. Celui-ci nécessitant des fondations par pieux, il était techniquement recommandé de profiter des fondations en place. C’est une donnée qui a été prise en compte dès la conception, il a fallu construire sur la trame porteuse existante. De nouveaux bâtiments provisoires ont été aménagés rue Delizy en place du futur parvis.
La phase 2 traitait la réhabilitation lourde de l’aile B (R+5). Dans son marché, l’entreprise devait la démolition de l’ensemble des planchers, le renforcement d’une série de poteaux et de poutres. Dès que l’entreprise a pris possession du bâtiment, de nombreux sondages complémentaires à ceux déjà réalisés en cours d’étude ont été effectués. Le bureau d’étude de l’entreprise est arrivé aux mêmes conclusions que le bureau d’étude de la Maîtrise d’œuvre. C’est-à-dire que l’on ne pouvait pas justifier par le calcul la tenue des planchers, et par conséquent, ils devaient être démolis.
L’entreprise a proposé de réaliser des essais de mise en charge par des bassins d’eau. Ces essais sont généralement réalisés par des entreprises spécialisées : elles mettent en place une piscine par bâche sur plusieurs trames soigneusement choisies en concertation avec les bureaux d’études et le bureau de contrôle. Des sondes sont placées sous les poutres et sont reliées à des ordinateurs qui enregistrent et mesurent au fur et à mesure que le bassin se rempli, la tenue de la poutre. Ces investigations se font sur plusieurs jours et les résultats sont soumis aux contrôles des bureaux d’études et du bureau de contrôle missionné par la Maîtrise d’Ouvrage.
Les conclusions favorables ont permis de repenser les travaux liés à la structure. Les planchers existants voués à la démolition ont été conservés.
Le bâtiment a été entièrement curé pour ne garder que les éléments structurels.
Toute la structure a été mise à nue et renforcée au cas par cas par des poutrelles métalliques ou des plats collés carbone. Cette dernière solution technique très performante permet de limiter l’impact des renforts sur l’aménagement des salles car il n’y a pas de perte de hauteur sous plafond.
La façade et les menuiseries sont traitées dans la continuité et à l’identique de l’aile A. Ils présentent les mêmes matériaux.
En parallèle, les logements du bâtiment C sont remis aux normes étage par étage. Les façades de ce bâtiment ne seront pas traitées dans le cadre de l’opération. L’image très décalée par rapport au bâtiment du lycée restera marquante comme un élément hétérogène dans cet ensemble. Cette phase a été réceptionné le 1er septembre 2010.
La phase 3 commença en parallèle de la phase 2 en mai 2010, elle a été réceptionnée en septembre 2010. Elle comprend le décaissé de la cour, les extensions en rez-de-chaussée du Bât C et les espaces verts.

Voir en ligne : Retrouver nos précédentes références sur l’observatoire des CAUE

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publié le 21/05/2012

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