. Maître d’ouvrage : SCCV Quinconces
. Maître d'oeuvre : UAPS
. Programme : 643 logements, une résidence étudiante et une résidence sociale, un socle d’activité.
. Surface : 51 875 m² SDP (17 960 m² uapS)
. Coût : 135 millions d'€ HT
. Livraison : 2024
A Saint-Ouen, le secteur D du village des Athlètes, nommé « Les Quinconces » en référence à sa composition urbaine, comprend 13 immeubles construits sur un socle infrastructurel. Ces bâtiments, situés face à la Seine et reconnaissables à leurs couleurs pastel, accueilleront près de 3000 athlètes durant l’été 2024. Par la suite, ce projet est destiné à devenir un quartier vecteur de mixité sociale et d’emploi. Le socle abritera une grande diversité d’activités, dont le Social Sport Club, un centre culturel et sportif ouvert à tous. Les émergences comprendront 643 logements répartis entre 239 en accession, 95 logements locatifs sociaux, 100 logements locatifs intermédiaires, une résidence étudiante et une résidence sociale ciblant des personnes en situation de handicap.
Le projet qui s’inscrit dans le plan urbain réalisé par Dominique Perrault a été conçu par une équipe d’architectes, paysagistes, bureaux d’études et artistes sous la coordination de l’agence uapS, également architecte concepteur du socle et de quatre bâtiments. En tant que coordinateur du secteur, l’agence uapS a travaillé avec l’équipe de maitrise d’œuvre le principe de similarité et variations des éléments architecturaux pour assurer une cohérence esthétique tout en introduisant des nuances distinctives entre les différents bâtiments.
Topographie et espace
Les Quinconces sont implantés sur un terrain présentant un fort dénivelé, variant de 12 mètres entre les quais de la Seine à l’ouest et la rue Saint-Denis à l’est. Le socle infrastructurel a été conçu pour absorber ces variations et définir une ligne de flottaison sur laquelle les bâtiments résidentiels sont érigés. Les espaces intérieurs du socle côté Seine bénéficient de hauteurs, de surfaces et d’imbrications adaptés à des activités de dimension métropolitaine, tandis que ceux côté rue Saint-Denis offrent des volumes favorables à l’installation de commerces de proximité. Ainsi, la topographie, l'espace et la programmation du socle sont étroitement liés, créant une harmonie fonctionnelle et esthétique.
Structure et enveloppe
Pour répondre aux objectifs de décarbonation de la construction, l'enveloppe des bâtiments est conçue avec des façades à ossature bois préfabriquées en usine. Ces éléments de façade sont assemblés sur site, sur une ossature en bois pour les bâtiments comportant jusqu'à six niveaux de logements, et sur une structure en béton bas carbone pour ceux allant jusqu'à dix niveaux de logements. La structure et l'enveloppe des bâtiments sont ainsi indépendantes. Ce système constructif engendre certaines contraintes architecturales comme le recoupement horizontal des panneaux de façade et la définition de l’enveloppe comme un élément autonome avec sa propre matérialité.
Matérialité et couleurs
La terre cuite, sous forme de plaquettes émaillées plates, bombées ou triangulaires, ainsi que de tuiles, a été sélectionnée pour habiller les façades à ossature bois. Associée à des enduits minéraux, cette matérialité confère une cohérence esthétique aux différents bâtiments. On la retrouve également au niveau du socle, le long de la rue Agnès Varda, où les cages d’un mur de gabion de plus de 200 mètres de long sont remplies des chutes issues du processus de fabrication des terres cuites. Ce mur habille les façades des locaux techniques et reflète la philosophie de réutilisation des matériaux qui sous-tend le projet tout en faisant écho à l'enveloppe architecturale des émergences. On y retrouve des fragments des teintes des façades de chaque bâtiment, toutes tirées de la palette chromatique du tableau « Evidence » de Philip Guston.