. Maître d’ouvrage : Séquens
. Maître d'oeuvre : Gera Architectes
. Programme et certification : Logement locatif social. NF Habitat HQE / E3C1 / Biodiversity / Biossourcé N1
. Surface : 3 943 m² (SHON)
. Coût : 9,5 millions d'€ HT
. Livraison : 2025
"Les mots du maître d'oeuvre"
Le projet de construction de 60 logements locatifs intermédiaires initié par SEQENS s’inscrit dans le cadre du renouvellement urbain du secteur de la Noue-Malassis à Bagnolet, un territoire à la croisée des dynamiques métropolitaines de Montreuil et du Grand Paris Est Ensemble. Situé sur une parcelle en friche de 2 173 m², le site, à la rencontre entre habitat collectif et activités tertiaires, constitue une pièce charnière dans la requalification de ce quartier en pleine mutation. Il participe à la diversification de l’offre résidentielle et à la recomposition d’un tissu urbain mixte et vivant, en lien avec la requalification future de la place Berthie Albrecht et du parc franchissant l’autoroute A3.
L’implantation du bâtiment répond à la morphologie allongée du terrain et au dénivelé important entre la rue Jean Lolive au sud et l’esplanade au nord. L’ensemble se développe en trois cages d’escaliers, disposées du sud vers le nord, formant une barre habitée qui accompagne le mail piéton nouvellement créé. Les hauteurs progressives — du R+4+A côté rue au R+2+A côté esplanade — assurent une transition douce entre les grands ensembles de la place Berthie Albrecht et les constructions plus basses situées au-dessus de l’A3. Ce travail d’épannelage et de retraits en attique, associé à un jeu de loggias et de balcons, compose une silhouette rythmée et dynamique, offrant des respirations visuelles tout au long du parcours piéton.
L’organisation de la parcelle met en valeur les continuités paysagères et piétonnes. Les accès principaux aux halls s’effectuent depuis le mail piéton, tandis que l’accès au parking souterrain se fait depuis la rue Jean Lolive. Le traitement des limites privilégie la porosité et la végétalisation : les clôtures légères en grillage torsadé se fondent dans les plantations et laissent circuler la petite faune. Au nord, la rétrocession de l’angle du terrain permet de prolonger le grand escalier public et de renforcer la continuité des cheminements vers le parc. L’ensemble s’inscrit ainsi dans une trame verte urbaine, conciliant qualité d’usage et respect des continuités écologiques.
Sur le plan architectural, le projet affirme une écriture contemporaine et sobre, fondée sur la matérialité et la durabilité. La composition des façades met en dialogue deux matériaux pérennes : la pierre et le métal. Ce contraste entre matière chaude et froide évoque à la fois la dimension domestique du logement et le passé industriel du site. L’alternance des séquences entre la pierre et métal, les variations de garde-corps et la diversité des ouvertures confèrent au bâtiment un rythme subtil, évolutif selon la lumière et les points de vue.
Sur le plan constructif et environnemental, l’opération vise un haut niveau de performance : structure mixte béton/bois, façades à ossature bois, toitures végétalisées, gestion intégrée des eaux pluviales et label Biosourcé. Les logements, majoritairement traversants, bénéficient de larges ouvertures et d’une double orientation favorisant l’éclairement naturel et la ventilation. Les espaces extérieurs privatifs — jardins, loggias, balcons — prolongent les séjours vers le paysage et contribuent à la qualité d’usage du quotidien.
Ainsi, le projet propose une architecture sobre et généreuse, inscrite dans une démarche environnementale ambitieuse et attentive à son contexte urbain. Il cherche à articuler la transition entre les grandes échelles du territoire et la mesure domestique du logement, tout en offrant aux habitants un cadre de vie ouvert, lisible et apaisé.