. Maître d’ouvrage : Logirep
. Maître d'oeuvre : AUC
. Programme : Requalification urbaine du quartier des Courtillières
. Surface : 10 ha
. Coût : 15,1 millions d'€ HT
. Livraison : 2024
Le quartier des Courtilières, réalisé par Emile Aillaud entre 1955 et 1965, est une référence aussi emblématique que
singulière de l’architecture issue de cette période héroïque des tours et des barres, classé patrimoine du XXè siècle.
Notre projet de transformation maintenant des exigences extrêmes de qualité sur plus de deux décennies s’est attaché
à conjuguer une intervention lourde et globale avec un mode d’intervention plus diffus, en dentelle, touchant de très près le quotidien des habitants. Le croisement de ces deux échelles d’intervention nous a mené vers une approche intégrant autant un travail sur le lien territorial élargi à la dimension métropolitaine du Grand Paris qu’à l’introduction de situations renouvelant localement usages quotidiens, programmes, espaces.
Se promener aujourd’hui à travers les Courtillières, c’est ressentir la cohérence d’un ensemble qui paraît ne pas avoir bougé et qui pourtant a, partout, muté. Il nous semble que la réussite de ce projet au sens large vient de cette sensation de déjà-là, référançant l’œuvre d’Aillaud : ce qui en fait une réinvention plus proche de la mue que de la transformation.
Tous les arbres ont par exemple été systématiquement conservés, 1/3 des surfaces ont été désimperméabilisées au cours de ces 22 années de transformationn douce.
Ce chiffre reflète à lui seul la confiance qui s’est établie entre l’AUC et tous les acteurs du projet. Cette constance au service d’un projet partagé a permis d’en assurer la continuité tout en reflétant une malléabilité des conditions.
La situation spécifique qu’occupe ce quartier Pantinois, coupé de son centre-ville par le grand cimetière parisien, imbriqué à l’interface de plusieurs communes (Bobigny, La Courneuve et Aubervilliers), son inscription dans une dynamique Est-Ouest, incomplète, a poussé à développer une réflexion élargie à la dimension intercommunale.
La plaque de centralité, (baptisée place François Mitterrand) constitue un élément fort de l’aménagement du quartier. Ce dispositif spatial, grand rectangle minéral dessiné par la trame du renouvellement urbain avait notamment comme objectif de déplacer la polarisation du Serpentin (historiquement centré sur le parc ceint par les ondulations des barres de logements) vers un lieu conscrit (urbain) et ouvert sur la situation d’intercommunalité. Poreuse et passante, cette nouvelle situation urbaine ancre les Courtilières dans le continuum urbain, l’articule avec d’autres environnements habités dont le nouveau quartier d’habitations et dans le même temps préserve l’unité trio constitué par le serpentin, le parc et les tripodes.
La matérialité de certain espaces publics (béton rose et pierres bleues), le travail et le dessin d’un mobilier extérieur réalisé spécifiquement pour le projet des Courtillières, reprennent les deux couleurs originelles le bleu et le rose du travail d’Emile Aillaud, et sont devenu un élément très fort dans la composition des espaces publics. C’est en quelque sorte une manière de se faire complice de la visée originelle et respecter la tonalité du lieu.
Le coté poétique de l’œuvre d’Aillaud est aussi une grande référence dans le travail de réécriture des espace publics, leurs rapports avec l’architecture, leurs formes, et les motifs élaborés avec l’illustratrice Cassandre Montoriol.